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VTT avec Claude et Marie-Ange: LE VÉLO DANS L’ŒUVRE DE JACQUES FAIZANT

VTT avec Claude et Marie-Ange: LE VÉLO DANS L'ŒUVRE DE JACQUES FAIZANT

Au travers de ces dessins, le dessinateur témoigne d’une fine connaissance de l’univers du vélo… Ce n’est pas un hasard!

Jacques Faizant est né le 30 octobre 1918 à Laroquebrou, dans le Cantal, et il est mort le 14 janvier 2006 à Suresnes, à l’âge de 87 ans. Bien qu’il fût un grand sportif, la plupart des photos le représentent fumant la pipe!

C’était un passionné de cyclotourisme, sport qu’il pratiquait très régulièrement, au sein de plusieurs clubs. Il se définissait lui-même comme “randonneur”, appréciant les longues distances et les voyages à vélo.


Voici comment il résumait cette pratique sportive : « Sortir de chez soi avec tout son bien dans une ou deux sacoches, mettre ses gants, s’asseoir sur la selle, poser le pied sur la pédale, regarder le ciel et partir. Le cyclotourisme, c’est cela. C’est la liberté d’aller là où l’on veut, par les chemins que l’on aime, à la vitesse que l’on supporte, dans le temps que l’on s’est donné, avec les amis que l’on s’est choisis. » (extrait d’un article paru dans la revue Cyclotourisme en mars 2006).

Les aléas météorologiques : vendredi 8 août 1975…

… et samedi 9 août 1975

Pratiquant assidu, il était aux premières loges pour observer, et brocarder avec humour, les polémiques (stériles?…) entre “sportifs” et “contemplatifs”…
➜ Les personnes intéressées pourront lire ses réflexions à ce sujet en BONUS, à la fin de cet article.

Cyclotouriste et cyclosportif : un drôle de tandem!…

Il est à noter que Jacques Faizant a fait partie des premiers inscrits au “Club des Cent Cols” (adhérent n° 8), un club dont on devient membre après avoir franchi au moins cent cols à vélo.

➜ Voir l’hommage qui lui a été rendu, sur le site du Club des Cent Cols, à l’occasion de son décès : Actualités – 2006-03

 Un grand connaisseur du vélo en montagne!

Il a très souvent mis ses compétences de dessinateur professionnel au service des clubs ou fédérations dont il était membre. Il a ainsi dessiné les couvertures de deux des premiers numéros de la revue du Club des Cent Cols (n° 3 et 4).

Revue du Club des Cent Cols, n° 3

Il a également fourni un dessin pour les 20 ans du club…

Revue du Club des Cent Cols, n° 20

… et un autre pour le 25e anniversaire, en 1997.

Revue du Club des Cent Cols, n° 25 en 1997

Jacques Faizant a écrit des articles et fait des dessins pour la revue Le Cycliste, créée par Vélocio (personnage de référence dans l’univers du cyclotourisme), ainsi que pour la revue Cyclotourisme, diffusée par la FFCT (Fédération Française de CycloTourisme).

Revue Cyclotourisme n° 162, janvier 1969

Vélo et humour

En amateur passionné de l’univers du vélo, Jacques Faizant a souvent mis son humour au service de la petite reine sous toutes ses formes. A commencer par les débuts de la bicyclette, et notamment son ancêtre, la draisienne…

— Allez! Vas-y!

— Qui?

— Allez! Vas-y M. le Duc!

Draisienne

Naturellement, le grand bi ne pouvait pas échapper à son humour distingué…

Le grand bi

Quant aux premières cyclistes, on perçoit leur véritables motivations à pratiquer le nouveau sport en vogue…

Légende : « Et puis c’est toujours ça de souffle qu’ils ont en moins, après!

Avec les premières compétitions, et bien avant l’assistance électrique : l’assistance éolienne!…

La compétition cycliste au temps des forçats de la route

Quant aux cinglés du vélo, il les connaît bien, que ce soit ceux qui affrontent joyeusement les conditions les plus rudes…

Les joies du vélo… par tous les temps!

… ou ceux dont la passion ne connaît pas de limites, même en vélo d’intérieur!

Légende : « Et encore, il faut s’estimer heureux! Il aurait pu adorer le golf !… (Illustration N°10, Passion cyclisme, Jours de France N°674, 10 octobre 1967)

Les joies du vélo d’intérieur!
Vélo et politique, vus par Jacques Faizant

Mêlant ses connaissances de l’univers cycliste et du monde politique, il a souvent confronté les deux pour faire surgir une métaphore cocasse…

Raymond Poulidor avec le Président de la République de l’époque : Charles De Gaulle

De l’usage du jargon cycliste en politique… Savez-vous mettre “tout à gauche”?…

Le ”soigneur“ François Mitterrand et son “poulain” Michel Rocard

Il existe de nombreuses autres caricatures cyclo-politiques de Jacques Faizant, mais la plupart ne sont plus compréhensibles aujourd’hui, à moins d’en connaître le contexte historique. C’est par exemple le cas de celle-ci qui date d’août 1960. Dans le cadre d’une rencontre franco-allemande à Sachsenring, le cycliste-président français Charles de Gaulle invite le cycliste-chancelier fédéral allemand Konrad Adenauer à se méfier du “suceur de roues”, le premier ministre britannique Harold Macmillan. Le contexte de l’époque, c’était le refus catégorique du Général de Gaulle d’envisager une adhésion britannique au Marché Commun, reprochant notamment aux Anglais leurs trop grandes accointances avec les Américains…

Circuit de Sachsenring. — « Méfie-toi des Anglais!… Ils ne mènent jamais mais on les retrouve toujours placés au sprint! »

Voici une dernière métaphore cyclo-politique qui mérite quelques explications. On y voit Jacques Chaban-Delmas qui “mène le train” devant Charles de Gaulle (encore lui!) et un petit cycliste que je n’ai pas su identifier. Pour comprendre l’allusion du “Grand Charles”, il faut d’abord se souvenir de l’exploit de “Maître Jacques”, le champion Jacques Anquetil qui, en 1965, avait enchaîné victorieusement le Critérium du Dauphiné Libéré et Bordeaux-Paris. Quant à Jacques Chaban-Delmas, qui était maire de Bordeaux à l’époque, il était considéré comme le “dauphin” ou l’héritier présomptif du chef de l’état et beaucoup le voyaient succéder à son mentor à Paris!… Après avoir été premier ministre de Georges Pompidou, il a d’ailleurs été candidat à l’élection présidentielle en 1974, sans succès.

— J’en connais un autre qui aimerait bien coupler Bordeaux-Paris et le Dauphin-Libéré!

Jacques Faizant écrivain

Son humour ne s’exprimait pas seulement au travers de ses dessins. Il avait aussi un joli brin de plume… Ces citations concernant le vélo vous en convaincront :

— « Le moral est le quart du cycliste, un autre quart étant son postérieur. » 

— « Le cyclotourisme, c’est la joie du corps et de l’esprit, la perplexité des gérontologues et le désespoir des pharmaciens ».

— « Et quand il n’y a pas de mur, vous vous arrêtez comment ? »

Le dessinateur était également auteur. Il a notamment créé un personnage de roman pratiquant le cyclotourisme. Il s’agit d’Albina, une jeune américaine qui découvre le vélo. Elle a la chance d’être initiée à la pratique cyclotouriste par de véritables passionnés.

Albina

L’auteur a conté les aventures d’Albina dans deux livres qu’il définit comme des chroniques cyclistes : Albina et la bicyclette en 1968…

Albina et la bicyclette (© 1968)

… et Albina roule en tête en 1977.

Albina roule en tête (© 1977)

Voici une belle couverture en couleur pour une édition allemande, en 2011.

Albina und das Fahrrad (Albina et le vélo)

Ces deux romans sont très difficiles à trouver aujourd’hui, même s’ils ont été ré-édité chez Denoël en 1997, dans le volume II des œuvres romanesques de Jacques Faizant. Je n’ai trouvé sur Internet que des livres d’occasion, à des prix le plus souvent répulsifs…

Œuvres romanesques, volume II

Un livre intitulé “Jacques Faizant, dessinateur de légendes”, consacre un chapitre entier, Tous en selle, à la petite reine. Dans cet ouvrage d’Olivier Raynaud et Pierre Pellissier (© 1996, chez JC Lattès), la quatrième de couverture nous montre une cycliste bien emmitouflée. Quelque chose me dit qu’il pourrait bien s’agir d’Albina…

Équipée pour le froid?!…

Cet inventaire des œuvres de Jacques Faizant en rapport avec le vélo est probablement très loin d’être exhaustif. Toute proposition pour enrichir la collection sera la bienvenue. Merci d’avance!

Claude

Illustrations trouvées sur Internet




LIENS ET RÉFÉRENCES :



➜ Le Randonneur a rendu hommage à Jacques Faizant en 2018 : Jacques Faizant aurait 100 ans

➜ Hervé LC, lecteur de ce blog, m’a signalé trois articles intéressants traitant du “cycliste” Jacques Faizant :

  • Revue “Cyclotourisme” n° 370 – décembre 1989 : un entretien, pages 42 à 49.
  • Revue “Le Cycle” n° 52 – décembre 1979 : un entretien, pages 72 à 75.
  • Revue “Le Cycliste” de janvier-février 1968 : son tour de France randonneur, pages 34 à 41.


BONUS 1 :

➜ Inventaire de tous mes articles sur le thème : Vélo et culture

BONUS 2 : QUERELLE ENTRE SPORTIFS ET CONTEMPLATIFS, PAR JACQUES FAIZANT


Cité par “JP77” sur son blog : Mon Tour de France 1959 : la suite
Comme la plupart des passionnés de vélo, je partage le point de vue, exprimé avec beaucoup d’humour et de talent par Jacques Faizant : les querelles qui opposent les adeptes de pratiques cyclistes différentes n’ont pas lieu d’être! Militons avec lui pour une estime et un respect réciproques. Ce texte date de 1966! Il n’est malheureusement pas devenu obsolète!!!


« L’AMUSANTE querelle familiale des “cyclo-sportifs” et des cyclotouristes dits “contemplatifs”, qui agite depuis fort longtemps les milieux cyclotouristiques s’était, jusqu’à présent, cantonnée dans les revues spécialisées et, hélas, quasi confidentielles. Grâce au Miroir du Cyclisme, le cyclotourisme acquiert, enfin, droit de cité dans la grande presse et, du même coup, les frères ennemis portent leur débat sur la place publique, ce qui ne laisse pas d’étonner ceux qui pensaient que le vélo, s’il raffermissait le caractère, adoucissait les mœurs.
De quoi s’agit-il ?


Les “contemplatifs” et les “sportifs” se lancent leurs cyclismes à la tête. Les premiers légitimement ulcérés d’être considérés comme des dinosaures attardés, des traîne-patins et des cueilleurs de pâquerettes, voudraient bien que l’on reconnaisse qu’ils font souvent de sévères randonnées, parfois d’excellentes performances et toujours du sport, dès l’instant où ils font sérieusement du cyclisme. Le “contemplatif”, quand il monte un col alpestre (serait-ce avec 30×18) est persuadé, à juste titre, qu’il pratique un sport, même si son temps n’est pas homologué, même s’il prend des photos en cours de route et même s’il lui arrive de s’allonger un instant dans l’herbe, sous le prétexte fallacieux de chercher son bouchon de valve. Il a raison.


Le “cyclosportif”, lui, le nez dans le cintre et l’œil sur le chrono, roule de nuit et de jour, cale-pieds serrés, à la poursuite d’un temps, d’un brevet, d’une médaille ou d’une victoire sur lui-même. Il trouve tout à fait péjorative l’étiquette de “touriste” qui s’attache à sa roue du seul fait qu’il n’est pas “coureur cycliste”. Il n’a pas tort.


L’un et l’autre sont cependant, uniquement et avant tout des cyclistes qui pratiquent l’un ou l’autre des sports du cyclisme. Ils ont le même amour fanatique de la bicyclette et se retrouvent au coude-à-coude pour la défendre quand, d’aventure, elle est mise en accusation par les cyclo-phobes. Il apparaît donc que ce qui sème la zizanie chez ces braves n’est rien de plus que le mot “tourisme” dont il faut bien reconnaître qu’il affadit quelque peu la notion du sport cycliste qu’il définit.


« II m’arrive d’être gêné par le mot “tourisme” accolé à notre cyclisme. » Ce n’est pas moi qui dit cela. C’est Monsieur Charles Antonin, en 1947, lorsqu’il était président de la Fédération Française de Cyclotourisme. Je sais toute l’indélicatesse qu’il y a à séparer une phrase de son contexte mais, faites-moi confiance, le contexte n’est pas loin du sens général de ces lignes écrites dix-neuf ans plus tard. Apparemment, cela ne s’est pas arrangé entre temps.


Il est remarquable (et désolant) que les sports du cyclisme soient les seuls qui s’accompagnent officiellement du mot “tourisme”. L’alpiniste n’apprécie pas moins que nous les beautés du site et les splendeurs du paysage. Est-il alpino-touriste pour autant ? Et le skieur de fond, skio-touriste ? Certains journaux profanes, égarés par l’assonance, nous traitent parfois de “cy­clomotoristes” quand ce n’est pas de “tou­ristes-routiers” avatars qui n’arrivent jamais aux sportifs des autres disciplines, mais qui laissent les nôtres un tant soit peu vexés.


Ne serait-il pas plus simple de nous considérer tous comme des cyclistes, appellation qui ne souffre pas d’équivoque, que nous chassions la médaille d’or ou le cloître du XVIIIe.


On s’inquiétera peut-être de la manière dont se ferait, alors, la discrimination nécessaire entre les “coureurs” et nous. Je ne vois pas où serait la difficulté. Les cyclotouristes et cyclosportifs n’ont jamais été, que l’on sache, confondus avec les champions, encore que les enfants crient volontiers « Vas-y Bobet ! » sur leur passage. Mais il s’agit là d’enthousiasme juvénile et les connaisseurs ne s’y trompent pas. Les skieurs ordinaires s’aventurent sur les pistes sans avoir le complexe paralysant d’être pris pour Jean-Claude Killy. Ce qui n’arrive d’ailleurs jamais.


Sur le plan officiel, les cyclistes de compétition sont groupés au sein de la Fédération Française de Cyclisme où nous n’avons rien à faire. Pour nous, imaginons que notre F.F.C.T. transforme son titre (et non ses buts ni ses règlements) en Fédération Française des Sports Cyclistes, cela ne voudrait-il pas mieux dire ce que ça dit ?


Il ne s’agirait que de changer un mot. C’est peu et c’est beaucoup. Essayez donc d’appeler “cavalo-touristes” les cavaliers qui font de la randonnée. Vous verrez comme ils seront contents !


Je sais bien que, si nous voulons faire partager notre conviction que le cyclisme est une religion, il n’est pas malhabile d’y laisser subsister des schismes. Mais, en ces temps où l’union fait plus que jamais la force, il peut être maladroit d’y perpétuer des divisions artificielles qui ne reposent que sur des questions de terminologie.


Nous n’irons pas jusqu’à demander que tous les cyclistes du monde veuillent bien se donner la main, car, outre le côté grandiloquent de la chose c’est sûrement interdit par le code de la route. Mais qu’ils veuillent bien seulement se donner le mot.

Et les sports cyclistes, tous les sports cyclistes auront peut-être, enfin, le vent dans le dos.

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